Chèques-repas et temps partiel en Belgique : calcul, comptage alternatif et montants 2026
En Belgique, l’octroi des chèques-repas aux travailleurs à temps partiel obéit à des règles précises. La règle de base accorde un titre-repas par jour effectivement presté, quelle que soit la durée de la prestation. Mais lorsque différents régimes de travail coexistent dans une même entreprise, le comptage alternatif peut s’appliquer pour garantir une répartition équitable. Ce guide détaille les deux méthodes de calcul, les montants en vigueur en 2026 et des exemples concrets basés sur les instructions de l’ONSS.
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Demander un devisSommaire
- Chaque travailleur à temps partiel a droit à un titre-repas par jour effectivement presté, quelle que soit la durée de la prestation.
- Le comptage alternatif divise les heures prestées par la durée journalière normale pour déterminer le nombre de titres-repas.
- Ce calcul ne s’applique que si des régimes de travail différents coexistent au sein d’un même groupe de travailleurs.
- En 2026, la valeur maximale est de 10 € par titre, dont 8,91 € de contribution patronale et 1,09 € de part salariale.
- Un ajustement trimestriel obligatoire garantit que le nombre de titres correspond exactement aux heures ou jours réellement prestés.
Attribution du ticket restaurant à temps partiel : un titre-repas par jour presté, même pour une demi-journée
Oui, un travailleur à temps partiel a droit à un chèque-repas pour chaque jour effectivement presté. Une demi-journée de 3 ou 4 heures ouvre le même droit qu’une journée complète. Le critère déterminant est le jour de travail effectivement presté, pas le nombre d’heures par semaine.
Cet avantage extralégal doit être prévu par une base légale : une CCT sectorielle, une CCT d’entreprise ou, en l’absence de délégation syndicale, une convention individuelle écrite. Le règlement de travail applicable doit également refléter les modalités d’attribution.
Aucun titre-repas ne peut être octroyé pour les jours non prestés : maladie, congé annuel, jour férié, chômage temporaire ou jours de repos compensatoire. L’octroi est strictement lié aux prestations effectives.
En 2026, la valeur maximale d’un chèque-repas est de 10 € par jour presté, soit une contribution patronale maximale de 8,91 € et une participation minimale du travailleur de 1,09 €. La déductibilité fiscale a doublé à 4 € par titre depuis le 1er janvier. Ce montant est identique pour les collaborateurs à temps partiel et à temps plein.
Depuis le 1er avril 2026, les chèques-repas sont également obligatoires au niveau sectoriel pour la CP 124 (construction), avec un montant minimal de 2,59 € par jour presté. Cette obligation s’applique aussi aux ouvriers à temps partiel du secteur.
Lorsque les conditions d’octroi ne sont pas respectées, les titres-repas sont requalifiés en rémunération par l’ONSS. L’employeur doit alors supporter les cotisations de sécurité sociale patronales et personnelles ainsi que le précompte professionnel sur l’intervention patronale. Cette sanction peut frapper l’ensemble des titres ou une partie seulement, selon la condition non respectée.

Comptage normal vs comptage alternatif des titres-repas
Deux méthodes de calcul existent pour déterminer le nombre de titres-repas à octroyer à vos travailleurs. Le choix entre le comptage normal et le comptage alternatif dépend des régimes de travail en vigueur dans votre entreprise.
| Comptage normal | Comptage alternatif | |
|---|---|---|
| Base de calcul | Nombre de jours prestés | Nombre d’heures prestées |
| Principe | 1 jour presté = 1 titre-repas | Heures prestées ÷ durée normale journalière = nombre de titres |
| Quand l’appliquer | Régime de travail uniforme dans l’entreprise | Régimes de travail différents au sein d’un même groupe |
| Exemple | Mi-temps sur 5 jours = 5 titres/semaine | 19h/sem. sur 5 jours : 19 ÷ 7,6 = 2,5 titres/semaine |
| Condition | Aucune condition particulière | Prévu dans la CCT ou le règlement de travail |
Le comptage normal : un titre par jour de travail effectif
Le principe du comptage normal est simple : chaque jour de travail effectivement presté donne droit à un titre-repas par jour, indépendamment du nombre d’heures prestées ce jour-là. Un collaborateur à mi-temps qui travaille 5 demi-journées par semaine reçoit donc 5 titres-repas, soit autant qu’un collègue à temps plein avec le même régime de 5 jours.
En revanche, un travailleur à mi-temps qui preste ses heures sur 2,5 jours par semaine ne reçoit que 2 ou 3 titres-repas selon la répartition effective. Cette inégalité potentielle entre travailleurs ayant la même durée de travail mais un nombre de jours différent est précisément la raison pour laquelle le comptage alternatif a été introduit.
Le comptage alternatif : calcul sur base des heures prestées
Le mode de calcul alternatif remplace le critère du jour par celui des heures. Il divise le nombre d’heures effectivement prestées par la durée normale d’une journée de travail dans l’entreprise (la personne de référence). Le résultat correspond au nombre de chèques-repas potentiels. Ce résultat est toujours arrondi à l’unité supérieure et plafonné au nombre maximum de jours qu’un travailleur à temps plein aurait pu prester au cours du même trimestre.
Formule : nombre de titres = heures prestées sur la période ÷ durée journalière normale (personne de référence)
Ce mode de calcul ne peut être appliqué que si trois conditions sont réunies :
- L’entreprise emploie des travailleurs selon des régimes de travail différents (temps plein, temps partiel ou combinaison).
- Au sein d’un même groupe (temps plein ou temps partiel), il existe des différences dans le nombre de jours prestés.
- Le comptage alternatif est prévu dans la convention collective de travail ou le règlement de travail applicable.
L’entreprise doit en outre être tenue d’appliquer l’article 26bis de la loi du 16 mars 1971 sur le travail en matière d’heures supplémentaires. Cette condition exclut de fait le secteur public et les employeurs qui occupent uniquement des travailleurs à domicile.
Un ajustement trimestriel est obligatoire : au plus tard le dernier jour du premier mois suivant chaque trimestre, l’employeur recalcule le total des titres-repas sur base trimestrielle pour qu’il corresponde exactement aux heures effectivement prestées. Si le nombre de titres déjà crédités est supérieur au résultat du calcul, une compensation est effectuée sur la période suivante.
Exemples pratiques de calcul selon les instructions ONSS
Exemple 1 : comptage alternatif non applicable
Dans l’entreprise A, tous les travailleurs à temps plein prestent 38 heures par semaine sur 5 jours. Tous les travailleurs à temps partiel prestent également sur 5 jours (19 ou 30 heures par semaine). Il n’existe aucune différence de régime au sein d’un même groupe : le comptage alternatif ne s’applique pas. Chaque collaborateur reçoit un repas par jour presté.
Exemple 2 : comptage alternatif non applicable non plus
Dans l’entreprise B, les travailleurs à temps plein prestent 38 heures sur 5 jours. Tous les travailleurs à temps partiel (19h ou 30h) prestent sur 4 jours par semaine. Il n’y a qu’un seul régime au sein du groupe des temps partiels (4 jours) : le comptage alternatif ne peut pas être appliqué.

Exemple 3 : comptage alternatif applicable
Dans l’entreprise C, les travailleurs à temps plein prestent 38 heures sur 5 jours. Parmi les temps partiels, certains travaillent 30 heures sur 4 jours et d’autres 19 heures sur 3 jours. Il existe bien une différence de régime au sein du groupe des temps partiels. L’employeur peut appliquer le comptage alternatif, soit uniquement au groupe des temps partiels, soit à l’ensemble du personnel.
Exemple 4 : calcul concret sur base trimestrielle
La durée journalière normale dans l’entreprise D est de 7,6 heures (38h/5 jours). Un travailleur à temps partiel a presté 247 heures au cours du trimestre. Nombre de titres-repas : 247 ÷ 7,6 = 32,5, arrondi à l’unité supérieure, soit 33 titres. Ce total est plafonné au nombre maximum de jours qu’un temps plein aurait pu prester sur le même trimestre. Ce calcul remplace le décompte jour par jour et assure le principe d’égalité de traitement entre catégories de personnel.
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Comment mettre en place le comptage alternatif dans votre entreprise ?
La transition vers le comptage alternatif nécessite plusieurs étapes. En premier lieu, l’employeur doit vérifier que les conditions sont remplies : des régimes de travail différents doivent coexister au sein d’un même groupe de travailleurs dans l’entreprise.
Si tel est le cas, le comptage alternatif doit être formalisé par écrit. Deux voies sont possibles selon la structure de l’entreprise :
- Si une délégation syndicale est présente : conclusion d’une CCT d’entreprise ou modification de la CCT existante.
- En l’absence de délégation syndicale : adaptation du règlement de travail, selon la procédure prévue par la loi (information au conseil d’entreprise ou affichage et registre de remarques).
L’employeur doit ensuite communiquer la nouvelle méthode de calcul à son secrétariat social pour que le paramétrage du calcul des titres-repas soit adapté dans le logiciel de paie. La durée journalière normale de la personne de référence et la périodicité trimestrielle de l’ajustement doivent être clairement définies.
Enfin, il est recommandé d’informer les collaborateurs concernés de la modification du mode de calcul et de ses effets concrets sur le nombre de titres-repas qu’ils recevront chaque mois.
Récapitulatif du comptage alternatif
| Élément | Règle |
|---|---|
| Formule | Heures prestées ÷ durée journalière normale (personne de référence) |
| Arrondi | Toujours à l’unité supérieure |
| Plafond | Nombre max de jours qu’un temps plein preste par trimestre |
| Ajustement | Trimestriel obligatoire (dernier jour du 1er mois suivant le trimestre) |
| Base légale requise | CCT d’entreprise ou règlement de travail |
| Condition d’application | Régimes de travail différents au sein d’un même groupe |
| Champ d’application | Le groupe concerné ou l’ensemble de l’entreprise |
| Exclusion | Secteur public et employeurs avec uniquement des travailleurs à domicile |
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Demander un devisSemaine de 4 jours et impact sur le calcul des titres-repas
Depuis la loi Deal pour l’Emploi, un travailleur à temps plein peut prester ses 38 heures par semaine sur 4 jours au lieu de 5. Dans le comptage normal, ce travailleur ne reçoit que 4 titres-repas par semaine, contre 5 pour un collègue qui travaille sur 5 jours.
Cette situation crée une inégalité au sein du groupe des temps pleins : même durée de travail, mais un titre-repas en moins par semaine. C’est exactement le type de scénario où le comptage alternatif prend tout son sens. En calculant sur base des heures prestées plutôt que des jours, l’employeur évite une comparaison défavorable entre régimes de travail différents et respecte le principe d’égalité de traitement.
Si votre entreprise combine des régimes de 4 et 5 jours, le comptage alternatif peut être activé via une clause dans la CCT ou le règlement de travail. Cette adaptation renforce le pouvoir d’achat des collaborateurs concernés sans augmenter le coût global pour l’employeur, puisque le nombre total de titres reste proportionnel aux heures.

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