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Conditions d’octroi des chèques-repas : montants, règles et nouveautés 2026

Vous envisagez d’octroyer des chèques-repas à vos collaborateurs ? Bonne idée, mais encore faut-il respecter le cadre légal. En Belgique, 9 conditions fixées par arrêté royal déterminent si vos titres-repas restent exonérés de cotisations sociales et d’impôts. Un seul faux pas, et l’ONSS requalifie l’ensemble en rémunération ordinaire.

Paiement d'un repas avec une carte sur un terminal de paiement.

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Sommaire

L’essentiel
  • Neuf conditions cumulatives régissent l’exonération ; une seule infraction entraîne la requalification ONSS de tous les titres-repas octroyés.
  • Depuis janvier 2026, la valeur faciale maximale passe à 10 € dont 8,91 € à charge de l’employeur et 1,09 € du travailleur.
  • Le télétravail donne droit au chèque-repas ; les jours de maladie, de congé ou les jours fériés n’y donnent pas droit.
  • La CP 124 (construction) impose les chèques-repas depuis avril 2026, avec un minimum de 2,59 € par jour presté.

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Quelles sont les conditions d’octroi des chèques-repas en Belgique ?

Pour que vos chèques-repas soient exonérés de cotisations ONSS et d’impôts sur les revenus, 9 conditions cumulatives doivent être réunies. « Cumulatives » signifie qu’il suffit d’en enfreindre une seule pour perdre l’exonération sur la totalité des titres-repas octroyés. Concrètement, trois conséquences en découlent : l’employeur paie des cotisations ONSS sur la valeur totale des chèques, le travailleur est imposé via le précompte professionnel, et l’entreprise perd la déductibilité fiscale.

Terminal de paiement Pluxee dans un commerce.

Condition 1 : pas de remplacement de rémunération

Un chèque-repas vient en plus du salaire, jamais à la place. Vous ne pouvez pas supprimer une prime existante et la compenser par des titres-repas. C’est justement cette distinction qui leur confère le statut d’avantage extra-légal et qui garantit l’exonération de cotisations sociales.

Une exception existe toutefois depuis le 1er octobre 2011 : les chèques-repas peuvent remplacer des éco-chèques supprimés sans perdre l’exonération, à condition que toutes les autres conditions générales soient respectées.

Condition 2 : octroi prévu par CCT ou convention individuelle

L’octroi ne peut pas se faire « à l’oral » ou de manière informelle. Il doit reposer sur un document écrit :

  • une CCT sectorielle, conclue au niveau de votre commission paritaire ;
  • une CCT d’entreprise, négociée avec la délégation syndicale ;
  • ou une convention individuelle écrite, notamment en l’absence de délégation syndicale ou pour certaines catégories comme les cadres et dirigeants.

Si vous optez pour la convention individuelle, veillez à respecter les montants prévus par les CCT applicables. La base juridique de l’octroi peut aussi figurer dans votre règlement de travail.

Autre règle importante : le chèque-repas est un avantage collectif. L’employeur doit octroyer la même valeur à tous les travailleurs d’une même catégorie de personnel (ouvriers, employés, cadres…). Les catégories doivent reposer sur un critère objectif comme le statut, l’ancienneté ou le temps de travail. En cas de contrôle, l’entreprise doit pouvoir justifier cette répartition.

Condition 3 : un titre-repas par jour de travail effectivement presté

La règle est simple : chaque jour où votre collaborateur travaille effectivement, il reçoit un chèque-repas. Pas de prestation, pas de chèque. Les jours de maladie, de vacances, de congé parental et les jours fériés ne comptent donc pas. En revanche, les jours de congé-éducation payé et de formation syndicale sont assimilés à des jours de travail effectif et donnent droit à un titre-repas.

Votre entreprise fonctionne avec des horaires variables ? Un mode de calcul alternatif existe. Et pour les règles propres aux travailleurs à temps partiel, consultez notre page dédiée.

Condition 4 : titre délivré au nom du travailleur

Chaque chèque-repas est nominatif. Concrètement, le nombre de titres octroyés et la quote-part patronale doivent apparaître au compte individuel du travailleur, ainsi que sur sa fiche de paie.

Carte chèques-repas Pluxee sur le bureau d'un employé.

Condition 5 : validité de 12 mois et possibilité de réactivation

Vos collaborateurs disposent de 12 mois pour utiliser leurs chèques-repas, à compter du chargement sur leur compte titres-repas. Passé ce délai, les titres expirent. Une demande de réactivation peut être introduite auprès de l’éditeur agréé dans les 3 mois qui suivent l’expiration. La première demande est gratuite, quel que soit le nombre de titres concernés. Les chèques réactivés sont ensuite valables pendant 3 mois supplémentaires. Une deuxième demande reste possible, moyennant un coût maximal de 5 €. Le travailleur doit par ailleurs pouvoir consulter à tout moment son solde et la durée de validité restante de ses titres.

Condition 6 : contribution maximale de l’employeur (8,91 € en 2026)

C’est le grand changement de 2026. Depuis le 1er janvier, la contribution patronale maximale passe de 6,91 € à 8,91 € par chèque-repas, ce qui porte la valeur faciale maximale à 10 €.

Attention !

Cette hausse ne s’applique pas automatiquement. Elle doit être prévue dans une CCT sectorielle, une CCT d’entreprise ou une convention individuelle. Autrement dit, sans nouvel accord, vos chèques restent au montant actuel.

Bon à savoir : les employeurs qui appliquent la contribution maximale de 8,91 € bénéficient d’une déductibilité fiscale de 4 € par chèque, contre 2 € pour un montant inférieur. Tous les détails sur la déductibilité et la norme salariale se trouvent sur notre page montant des chèques-repas.

Condition 7 : contribution minimale du travailleur (1,09 €)

Le travailleur participe à hauteur d’au moins 1,09 € par titre-repas. Ce montant n’a pas changé. La somme des deux contributions (employeur + travailleur) donne la valeur du chèque.

Condition 8 : carte chèque-repas émise par un éditeur agréé

Fini le papier : les titres-repas sont aujourd’hui exclusivement électroniques. Ils sont chargés sur une carte chèque-repas délivrée par un éditeur agréé par le ministre compétent.

La Belgique compte aujourd’hui cinq éditeurs agréés : Edenred, Pluxee (anciennement Sodexo), Monizze, G.O.T. Connection (agréé depuis 2022) et Payflip (agréé en mars 2026, lancement prévu au second semestre 2026). Les trois premiers dominent le marché et disposent chacun d’un large réseau de commerces affiliés. Notre comparatif des fournisseurs de chèques-repas détaille leurs offres, tarifs et spécificités.

Paiement avec une carte chèques-repas sur un terminal.

Condition 9 : aucun frais supplémentaire pour le travailleur

Votre collaborateur ne paie rien pour utiliser sa carte. Les frais d’émission, de remplacement ou de gestion sont à charge de l’employeur ou de l’éditeur agréé.

Récapitulatif des 9 conditions d’octroi

ConditionRègle en 2026
Pas de remplacement de rémunérationLe chèque-repas est un supplément au salaire (exception : remplacement d’éco-chèques)
Base juridiqueCCT sectorielle, CCT d’entreprise ou convention individuelle écrite
Lien avec le travail effectif1 titre-repas par jour effectivement presté
Titre nominatifDélivré au nom du travailleur, mentionné sur la fiche de paie
Durée de validité12 mois (réactivation gratuite dans les 3 mois, valable 3 mois supplémentaires)
Contribution max employeur8,91 € par chèque (anciennement 6,91 €)
Contribution min travailleur1,09 € par chèque
Éditeur agrééCarte électronique via Edenred, Pluxee, Monizze, G.O.T. Connection ou Payflip
Aucun frais pour le travailleurUtilisation de la carte sans coût pour le bénéficiaire

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Cas particuliers : dirigeants, télétravail, maladie et temps partiel

Les 9 conditions s’appliquent à tous les travailleurs sous contrat belge. Mais certaines situations reviennent régulièrement dans les questions que se posent les employeurs.

Chèques-repas pour dirigeant d’entreprise et indépendant en personne physique

Vous êtes gérant de SRL ou administrateur de SA ? En tant que dirigeant indépendant en société, vous pouvez vous octroyer des chèques-repas aux mêmes conditions que vos salariés. Le nombre de titres correspond aux jours effectivement prestés, soit environ 220 chèques-repas par an pour une activité à temps plein. Ce chiffre n’est pas un plafond légal mais une référence pratique. En cas de contrôle, le dirigeant doit pouvoir justifier chaque jour de travail effectif.

Deux points à ne pas oublier : l’octroi doit figurer dans une convention individuelle écrite entre vous et votre société. Et si vous employez du personnel, vos collaborateurs doivent aussi en bénéficier.

En revanche, les indépendants en personne physique (sans structure sociétaire) n’y ont pas droit. Les démarches concrètes de mise en place sont détaillées sur notre page chèques-repas pour dirigeants d’entreprise.

Le chèque-repas est-il obligatoire en Belgique ?

Non, aucune loi belge n’impose l’octroi de chèques-repas. L’obligation existe uniquement quand une CCT sectorielle le prévoit. Chaque commission paritaire a ses propres règles : certaines imposent l’octroi, d’autres non.

Nouveauté 2026 : la CP 124 (construction) rend les chèques-repas obligatoires au niveau sectoriel depuis le 1er avril 2026. Si vous relevez de ce secteur, la mesure vous concerne directement. Dans tous les cas, vérifiez la CCT applicable à votre commission paritaire.

Règles spécifiques par commission paritaire (CP 200 et autres)

La CP 200, la commission paritaire auxiliaire pour employés, ne prévoit pas d’obligation sectorielle. Les employeurs qui en relèvent restent libres d’octroyer des titres-repas via une CCT d’entreprise ou une convention individuelle. Les montants et modalités varient d’un secteur à l’autre : votre secrétariat social peut vous confirmer les dispositions exactes.

Chèques-repas pour les travailleurs intérimaires

Les intérimaires ont droit aux chèques-repas dans les mêmes conditions que les travailleurs fixes occupant la même fonction au sein de l’entreprise utilisatrice. C’est l’agence d’intérim qui assure l’octroi, conformément à la CCT applicable.

Une question sur une situation spécifique ?

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Chèque-repas en jour de télétravail

Oui, le jour de télétravail compte. Il est assimilé à un jour de travail effectivement presté. Votre collaborateur qui travaille depuis son domicile a donc droit à son chèque-repas, tout comme lorsqu’il se rend au bureau.

Chèque-repas en cas de maladie ou de congé

Pas de prestation, pas de titre-repas. Les jours de maladie, de vacances annuelles, de congé parental, de congé sans solde et les jours fériés ne donnent pas droit à un chèque. Cela dit, une CCT sectorielle ou d’entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables. Vérifiez ce que prévoit votre secteur.

Calcul des titres-repas pour les travailleurs à temps partiel

Le principe ne change pas : un chèque par jour effectivement presté, peu importe le nombre d’heures travaillées dans la journée. Un collaborateur qui preste 4 heures reçoit le même chèque qu’un collègue à temps plein.

Pour les entreprises qui combinent plusieurs régimes horaires, un comptage alternatif basé sur les heures totales est possible. Les modalités exactes sont expliquées sur notre page chèques-repas pour travailleurs à temps partiel.

Récapitulatif des cas particuliers 

SituationDroit au chèque-repas ?Condition clé
Dirigeant indépendant en société (SRL, SA)OuiConvention individuelle écrite obligatoire, max ±220/an
Indépendant en personne physiqueNonPas de contrat de travail, pas d’éligibilité
Travailleur intérimaireOuiMêmes conditions que le personnel fixe de l’entreprise utilisatrice
Jour de télétravailOuiAssimilé à un jour de travail effectif
Jour de maladie ou de congéNonSauf disposition plus favorable dans la CCT
Congé-éducation / formation syndicaleOuiAssimilé à un jour de travail effectif
Travailleur à temps partielOui1 chèque par jour presté, quel que soit le nombre d’heures
CP 124 (construction) depuis avril 2026ObligatoireObligation sectorielle, min. 2,59 € par jour presté

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Questions fréquentes sur les conditions d’octroi des chèques-repas

Quelles sont les conditions pour avoir droit à une indemnité repas ?

+
Tout travailleur sous contrat de travail belge peut recevoir des chèques-repas, à condition qu’une CCT ou une convention individuelle en prévoie l’octroi. Les 9 conditions décrites plus haut doivent toutes être respectées pour que l’avantage reste exonéré de cotisations sociales et d’impôts.

Est-ce que l’employeur est obligé de payer les repas ?

+
Non. Aucune loi belge n’oblige les employeurs à fournir des chèques-repas à leurs salariés. L’obligation n’existe que si une CCT sectorielle le prévoit dans votre commission paritaire. En dehors de ce cas, l’octroi reste une décision volontaire de l’employeur.

Quelle différence entre ticket restaurant et chèque-repas en Belgique ?

+
Aucune, en pratique. Les deux termes désignent le même avantage extra-légal, soumis aux mêmes 9 conditions d’octroi. La dénomination varie selon l’éditeur ou l’habitude de l’entreprise, mais le cadre légal est identique.

Le chèque-repas passera-t-il à 12 euros ?

+
C’est prévu. L’accord de coalition fédérale 2025-2029 mentionne une deuxième augmentation de 2 €. Mais le calendrier exact n’est pas encore confirmé et la mesure doit encore passer par le Parlement. Suivez l’évolution sur notre page montant des chèques-repas.

Combien de chèques-repas par an peut-on recevoir ?

+
Il n’y a pas de plafond annuel fixé par la loi. Le nombre de titres-repas correspond simplement au nombre de jours effectivement prestés. Pour un salarié à temps plein, cela représente en pratique environ 220 chèques-repas par an.

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