Il y a quelques jours, trois partis politiques flamands (CD&V, sp.a et Open Vld) ont émis le souhait de supprimer les chèques repas. À la place, l’argent serait directement versé sur le compte des salariés. Cette volonté est également partagée par la fédération du Commerce Comeos et l’organisation des indépendants flamands Unizo. Mais que reprochent-ils concrètement au système des chèques repas ? Quels seraient les impacts de cette conversion en part salariale ? Retour sur un dossier brûlant.

Que reproche-t-on aux chèques repas ?

Le système des chèques repas est, pour certains, jugés trop contraignant et trop coûteux. Plus particulièrement visés, les chèques repas en format papier engendrent beaucoup de contraintes administratives. Par exemple, les commerçants doivent contrôler ces chèques, les collecter et les trier à la caisse. De plus, certains de ces chèques sont perdus ou non utilisés avant la fin de leur validité, ce qui représente une perte économique pour le système.

Dès lors, pour remplacer ce système, les politiques précédemment cités proposent de verser directement l’argent des chèques repas sur les comptes des travailleurs. Ils estiment que cette mesure serait moins coûteuse pour les employeurs et les commerçants. Ce versement équivaudrait à une prime repas dans le salaire. Cependant, cette proposition pourrait être difficile à appliquer dans la pratique.

Les impacts de la suppression des chèques repas

Les conséquences de la conversion des chèques repas en part salariale ont déjà été étudiées par certains spécialistes. Selon eux, supprimer cet avantage extra-légal aurait des impacts non négligeables sur certains secteurs économiques. Actuellement, 2 millions de travailleurs bénéficient de ces titres-repas et dépensent, grâce à ce système, 1.85 milliards dans le secteur de l’alimentation et de la distribution. En supprimant les chèques, on risquerait donc de bouleverser les comportements d’achat des salariés, ce qui serait néfaste pour l’économie belge.

Afin de démontrer ces conséquences par des chiffres, le bureau d’étude Ipsos avait déjà réalisé une étude en 2012 sur la potentielle suppression des chèques repas. Selon cette étude :

  • L’achat de produits alimentaires en grande surface passerait de 82,4% à 42,4%,  soit une perte de 740 millions €.
  • L’achat de produits alimentaires chez les petits commerçants passerait de 6,7% à 5,3%,  soit une perte de 25,9 millions €.
  • La petite restauration passerait de 6,6% à 3,1%,  soit une perte de 64,75 millions €.
  • Les restaurants (y compris les chaînes) passerait de 4,3% à 2,3%,  soit une perte de 37 millions €.

Ces nombreuses pertes économiques s’expliquent par le fait que les travailleurs profiteraient de leur hausse salariale pour économiser davantage.

Une seconde conséquence de la conversion des chèques repas en part salariale est la somme qui pourrait être payée par les employeurs et les employés. En effet, on peut craindre que cette part soit finalement taxée par l’État.

Le chèque repas électronique : une solution ?

Selon les sociétés émettrices de chèques repas, la part de ces chèques non utilisés est très faible. Opter pour le système de chèque repas électronique et une extension de leur validité (cf. article) devraient suffire à limiter cette non-utilisation. En effet, le chèques repas électronique, utilisé par 40% des bénéficiaires, comprend de nombreux avantages:

  • 0 risque de perte (la carte peut rapidement être bloquée et la valeur récupérée)
  • Alerte à l’approche du terme de la validité
  • 0 coût de livraison
  • Plus besoin de comptage pour le commerçant
  • Remboursement en 48 heures bancaires

Cela fait déjà quelques mois que la proposition de loi de Rik Daems (Open Vld) et Etienne Schouppe (CD&V) de supprimer les titres repas fait débat. Leur volonté ? Remplacer les titres repas octroyés aujourd’hui aux salariés par un montant net versé sur leur compte, en complément de leur salaire. S’en est alors suivi de…

Lisez plus

Le chèque repas est sur toutes les lèvres. La proposition de loi du sénateur Rik Daems (Open VLD) de supprimer les titres restaurants passe ce mercredi 12 février 2014 devant la commission « Finances » du Sénat. Si cette proposition est validée, c’est un véritable changement qui s’opèrera au sein des entreprises. Mais ce changement…

Lisez plus

Depuis septembre 2013 en France, certains distributeurs automatiques de boissons et/ou snacks acceptent les titres restaurants comme mode de paiement. Cette nouveauté découle d’un accord établit entre la Navsa (Chambre syndicale de la distribution automatique) et la CNTR (Commission Nationale des Titres Restaurants). L’accord a été officialisé dans une charte signée le 16 juillet 2013…

Lisez plus

Depuis quelque temps, le débat sur la suppression des chèques repas prend de plus en plus d’ampleur. En effet, après la proposition de trois partis flamands de mettre fin à ce système en avril dernier, c’est aujourd’hui le ministre de l’économie Johan Vande Lanotte qui relance le sujet. Ces différents membres politiques désirent réformer le…

Lisez plus